Chapitre 99: Cécile craque.

Chapitre 99: Cécile craque.
-Déjà, je pense qu'il faut être plus proche d'ici, continue M.me Noipse. Et puis, il est déjà 15h30. Il faudrait manger, déménager et réfléchir.
-Allons manger, susurrais-je. »
Mes amis s'avancent dans la rue piétonne à la recherche d'un hôtel et d'un restaurant. Je traînais derrière eux, la mine triste. Théodore s'arrête et m'attend. Il se met à côté de moi. Il tend son bras et attrape ma hanche. Je lève la tête, on se regarde. Je ne retire pas sa main. Ses yeux verts émeraudes me redonnent du courage. Je lui souris. Il me sourit tristement, comme tous mes sourires qu'il arborait dernièrement. Nous avançons ainsi derrière nos amis.
Le soir-même, nous étions installés dans un petit hôtel près de l'allée des entrepôts. Nous avions réussis à avoir des chambres côte à côte. Je réfléchissais dans ma chambre, sur mon lit et observais le plafond. Elisie était en train de se laver. J'entends l'eau couler . Les murs de l'hôtel sont très fins. En entrant dans le bâtiments, les espions nous avaient conseillé, obligé, de vérifier nos chambre. J'avais utilisé un de mes portables afin de faciliter la tâche. Il s'est avéré que tout était normal. Seul le mobilier était bizarre: il n'était pas japonais. Le lit était pour deux personnes. Les tables de chevet étaient en chêne mal vieilli grignoté par les mites. Les placards montraient des signes de faiblesse dans leur fonctionnement. Nous avions donc décidé de laisser nos affaires dans les valises. Les draps, les rideaux et quelques endroits du mur présentaient des taches de sang mal nettoyées et peu rassurantes. La salle de bain avait également un passé peu glorieux: des carreaux du carrelage étaient cassés, le miroir était brisé, les toilettes laissaient échapper leurs eaux. Seule la douche avait l'air intact. Les chambres de mes amis étaient dans le même état. Nous nous étions retrouvés pour le dîner et avons essayé d'élaborer un plan pour retrouver Marie. Je somnolais durant le repas et j'étais ailleurs. Je n'avais pas d'idées. On est reparti dans nos chambres une heure plus tard.
Je regarde le plafond, allongée sur le lit. Je réfléchis, je pense. J'intercepte une conversation dans la chambre voisine:
« Faudrait peut-être le dire à Cécile, fit M.Yps.
-Non, répond M.me Noipse après une courte réflexion. Elle ne s'en remettra pas sinon...
-Qu'est-ce que vous ne devez pas me dire? Interrompis-je.
-Tu as entendu? S'inquiète M.me Noipse.
-Tout comme vous. Qu'est-ce que je ne dois pas savoir, Delphine?
-Pour faire un bon plan, il faut beaucoup plus d'informations, de temps...
-Ce que nous n'avons pas.
-Cécile, il faut que tu comprennes que nous ne savons rien. Tous ce qu'on sait, c'est le sexe et l'âge environ du kidnappeur. Le lieu est très imprécis. Il y a plus de cents entrepôts, dans cette allée. Le terrain est inconnu et les kidnappeurs aussi. On ne sait même pas s'ils sont plusieurs ou non. Il nous faut plus de temps, Cécile.
-Plus de temps, plus de temps! Justement, nous n'en avons pas! Marie a disparu depuis presque trois semaines. Ça se trouve, elle est déjà morte! Je ne peux pas attendre plus longtemps!
-Cécile, sois raisonnable! Fit M.Yps. Si on se jette à l'assaut tout de suite, on peut tous mourir, Marie aussi. Cécile, réfléchis un peu.
-Fais-nous confiance, continue M.me Noipse. Nous faisons ce genre de travail assez souvent. Mais sache nous accepterons ta décision, quoiqu'il arrive. On te demande juste de bien y réfléchir.
-Je vous fais confiance, répondis-je en pleurant. Je veux sauver Marie et quitter ce monde d'espions qui met tous ceux que j'aime en danger.
-Merci Cécile. Repose-toi maintenant. Nous allons y réfléchir et demain nous reprendrons les recherches.
-Merci. Bonne nuit. »

# Posté le jeudi 18 juin 2009 17:03

Chapitre 100: Un intrus naturel

Une porte grince et se referme en un petit cliquetis. Des pas glissent discrètement dans la pièce. La lumière entre à flot dans la chambre. Des oiseaux chantent et s'envolent dans le ciel. Je somnole dans le lit. Elisie prend sa douche. J'entends l'eau chuinter dans la salle de bain et les grincements de la baignoire à chacun de ses mouvements. Une douce chaleur me caresse le visage, comme la lumière du soleil. De doux baisers embrassent mon épaule en descendant vers le bras, comme le vent. Ma bretelle de chemise de nuit glisse le long du membre laissant découvrir ma peau nue, comme le sable qui s'écoule entre les doigts. Un frisson me parcourt. Je bougonne et m'enroule dans la couette. Celle-ci s'envole brusquement, comme les feuilles mortes dans une tempête, m'obligeant à grimacer. Et tout recommence: une douce chaleur me caresse le visage, de doux baisers embrassent mon épaule, ma bretelle de chemise de nuit glisse le long de mon bras. Je n'entends plus l'eau de la salle de bain, seul une respiration lente et agréable se prête à mon oreille. Tout à coup, un cri casse le silence et une masse tombe sur le lit. J'ouvre les yeux, mais sans lunettes, je ne vois rien. Je tâte la table de chevet avec difficulté car le corps me bloque les jambes. Un autre cri éclate lorsque la porte s'ouvre. Une autre masse attrape le corps et dans un bruit sourd le fait tomber à côté du lit. Je peux ainsi récupérer mes lunettes. Je regarde à côté de moi, sur le sol, Théodore dans une position peu confortable car Eliot le chevauche, lui tenant la tête avec ses pieds et les mains avec les siennes. Je tourne le regarde et aperçoit Elisie, une chaise dans les mains.
« Eliot? Tu peux lâcher Théodore s'il-te-plaît? Susurrais-je. »
Le sportif relâche son étreinte et se lève. Le musicien se met debout avec difficulté. Elisie repose la chaise et s'approche de Théodore. Elle lui donne une claque en s'exclamant:
«S tu oses encore une fois profiter d'elle sans son consentement, tu auras affaire à moi. File maintenant! Finit-elle en désignant la porte du doigt. »
Le musicien s'enfuit, la queue entre les jambes, tout penaud, accompagné par un coup de pied bien placé par la jeune punk. Le musicien sort, Elisie reprend:
«Merci Eliot. »
Celui-ci la salue militairement et repart dans sa chambre.
« Prépares-toi rapidement. On t'attend chez M.Yps. »
Elisie ouvre la porte et commence à sortir. Alors qu'elle s'apprête à la fermer, elle murmure assez distinctement pour que je puisse l'entendre!
« Faudrait que tu fasses quelque chose pour lui... »
La porte émet le grincement final. Cette phrase suffisait pour me faire comprendre qu'elle parlait de Théodore. Elle supposait beaucoup de chose. Je sors du lit et attrape ma serviette. Je trotte dans la salle de bain.
Chapitre 100: Un intrus naturel

# Posté le jeudi 18 juin 2009 18:09

Chapitre 101: Je sais pas si ça va durer comme ça...

« Bon, pour retrouver Marie, j'imagine que vous avez compris qu'il nous manquait des informations. C'est pourquoi, hier soir, M.me Noipse et moi-même avons réalisé des emplois du temps pour tout le monde. Aujourd'hui, Eliot et Elisie, vous allez chercher des informations sur le nombre d'entrepôts, si possible, mais surtout, qui est la kidnappeuse, si elle est seule ou pas, si elle est connue ici.
-Et tu veux qu'on trouve tout ça en une journée? S'inquiète Elisie.
-Ce serait bien. Vous avez trois jours maximum.
-Arf! C'est chaud les délais! S'exclame Eliot.
-Cécile et Théodore vous, vous irez faire des achats pour vois ce qui pourraient être utile pour sauver Marie dans un entrepôt.
-Et on a toujours des noms d'empreintes?
-Mieux que ça Eliot, répond M.me Noipse avec un léger sourire. Elisie et toi vous vous ferez passer pour un couple d'amis. Et Cécile et Théodore, pour un couple de jeunes mariés.
-Quoi?! Je peux pas être avec Elisie? Demandais-je avec espoir.
-Non. Vous avez toute la journée devant vous. Je veux un rapport toutes les deux heures. Un conseil, soyez discrets. »
Je soupire. Je me lève et précède Théodore pour sortir de la chambre des espions. Il ferme la porte derrière lui, Eliot et Elisie étant déjà partis. Je le regarde. Il arbore un petit sourire en coin qui montrait une jubilation qui ne demandait qu'à s'exprimer.
« Roh! Ça va! » fis-je en lui tapant la tête et en me faisant plus de mal à moi qu'à lui. Comme d'habitude en somme.
Après avoir récupéré mon porte-monnaie, mon sac de portables, un carnet et un stylo pour noter les affaires qu'il faut, nous sommes sortis de l'hôtel.
Un vent froid m'assaille et me fait frissonner. Théodore était derrière moi et me voit craindre le froid. Alors,il passe ses bras par dessus mes épaules et prend mes mains gelées dans ses mains chaudes. La chaleur parcourt agréablement mes doigts mais contrastaient toujours avec la température de mes bras et de mon visage. La chair de poule se forme sur mes membres. Théodore m'embrasse avec tendresse sur les parties glacées.
« Tu n'en fait pas un peu trop? Soufflais-je.
-Il faut qu'on nous croit, répond-il en me baisant le cou de baisers furtifs. »
Chapitre 101: Je sais pas si ça va durer comme ça...

# Posté le mardi 23 juin 2009 17:00

Chapitre 102: Café et décolté ne font pas bon ménage...

Chapitre 102: Café et décolté ne font pas bon ménage...
J'oblige le musicien à avancer, car, pendant une bonne dizaine de minute, nous étions devant l'entrée de l'hôtel. Je parcours la rue piétonne, traînant Théodore sur le dos. Par où commencer? Et puis qu'est-ce qu'il nous faut? Je regarde mon ami. Celui-ci est également en pleine réflexion. Puis il se décide enfin à me lâcher. Mais le répit est de courte durée car il m'attrape la main et m'entraîne vers un café. Il m'installe sur la terrasse et s'assoit à côté de moi. Un serveur apparaît quelque temps après et prends notre commande, deux cafés.
« Ma puce, commence Théodore.
-Ma puce? »
Il me donne un léger coup de pied sous la table, m'obligeant à me taire et jouer le jeu.
« Oui mon canard? Fis-je en me moquant discrètement de ce surnom ridicule.
-Par où commencer?
-Je me posais la même question, mon poussin.
-Je propose qu'on se balade et si quelque chose nous interpelle,...
-Très bien! Buvons et allons-y! »
Le serveur arrive, les tasses sur un plateau. Il pose la mienne devant moi, mais lorsqu'il allait mettre celle de Théodore sur la table, quelqu'un l'appelle. Il se retourne, la tasse toujours dans la main. Le serveur qui l'a apostrophé lui demande l'heure, enfin je pense puisque, ensuite, notre serveur tourne sa main qui tenait la tasse et la renverse sur mon t-shirt beige au départ. Une tâche brunâtre apparaît sur le décolté. La chaleur me brûle la poitrine. Je crie. Théodore se lève et engueule le serveur qui s'excuse platement. Le musicien m'attrape par le bras et m'entraîne dans notre hôtel. A l'accueil de celui-ci, alors que l'on trottait vers nos chambres, j'aperçois l'homme au comptoir me faisant un clin d'oeil en tirant la lange et en tendant un poing avec le pouce levé vers le haut, qui m'expliquait que j'allais m'amuser dans le sens pour une sieste crapuleuse. Les hommes! Tous pareils!
J'entre dans ma chambre en râlant. Théodore me suit et ferme doucement la porte. Dans la salle de bain, je retire mon t-shirt sale.
« Donne-le-moi, fait Théodore gentiment. Je vais le laver. »
Il le ramasse et entre dans la salle de bain. Il ouvre le robinet et remplit le lavabo. Il s'arrête, sentant mon regard sur ses mains. Il me regarde, me dévisage et rougit. Pourquoi, il rougit? Je me regarde: mon soutient-gorge était également tâché.
« Je crois qu'il faut laver ton... ton... soutient-gorge. Je peux le laver aussi, si tu veux...
-Merci, mais je m'en occuperai lorsque tu ne seras pas là, répondis-je avec un grand sourire. »
Je retourne dans la chambre et laisse Théodore dans la salle de bain afin de me dévêtir et me revêtir. J'entends la porte grincer timidement.
« Si tu oses jeter un regard, on devra t'appeler mademoiselle plus tard, grognais-je. »
Le musicien referme vivement la porte.
Nous ressortons de l'hôtel dix minutes plus tard, accompagnés par une grimace du gérant qui pensait que nous n'avions pas fait la partie de Scrabble...
Un vent froid nous assaille et le soleil nous aveugle. Théodore met sa veste sur mes épaules et sort deux paires de lunettes. Il pose délicatement et amoureusement la mienne sur mon nez. Il met les siennes sans précédent. Il capture ma main avec sensualité et nous avançons ainsi dans la rue piétonne.
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# Posté le mercredi 08 juillet 2009 13:56

Chapitre 103: Y a des moments où j'aimerai le tuer...

Il y a moins de monde que quelques minutes plutôt. Nous ralentissons le pas. Les boutiques s'enchaînaient, certaines exposant des vêtements, des fruits et des légumes, ou encore des viandes ou des poissons qui séchaient à la lumière de l'astre solaire. Quelques commerçants hélaient les gens, faisant la promotion de leurs produits. Peu de personnes écoutaient ses avances. Elles continuaient de trotter dans la rue pavée, ne s'intéressant guère à ce qui les entouraient.
J'aperçois une boutique au bout d'une vingtaine de minutes. J'entraîne alors le musicien dans celle-ci. Il sourit en remarquant la salle remplie de rose pâle avec des jeunes filles dessinées façon manga. Je parcours les étalages du regard. Un miroir m'attire. Je l'attrape et l'achète. Nous ressortons après avoir remercié la commerçante. Nous reprenons notre balade dans la rue. Au bout d'un certain temps, Théodore disparaît. Je me tourne, me retourne, et l'aperçois enfin, s'avançant vers une vitrine. Je le rejoins en courant. Il regarde à travers celle-ci. Une jeune japonaise, aux cheveux longs attachés en natte et vêtue de noir, rit avec le gérant du magasin.
« Elle est belle, murmure Théodore. Elle ressemble à ma chère Camille... Elle avait la peau douce et était rousse. Elle avait le corps parfait, les formes parfaites, une voix incomparable de déesse et elle avait l'orifice qui faisait résonner son timbre. Elle chantait lorsque je la caressais et lorsque je la grattais. Quand je la tapais, elle émettait un bruit sourd. Elle ne m'a jamais quitté. Elle aimait comment je la traitais... Je l'aime depuis mes sept ans... Et c'est toujours le cas...
-T'es immonde! Tu me déçois!
-Quoi?
-Tu trouves normal de la traiter comme ça?
-Oui, répond-il franchement.
-Ignoble. Et parler d'une femme devant la femme que tu aimes, c'est normal aussi? »
Il ne dit rien. Un vent frais déplace une mèche blonde qui cachait son visage. Un sourire en coin apparaît sur celui-ci. Il se moquait de moi. Je regarde à nouveau la femme dans le magasin. Elle avait des cheveux noirs, Camille était rousse. Elle n'était pas particulièrement fine et ses formes mal dessinées, Camille avait de belles formes. Et la voix de la japonaise avait des intonation de canard, tout le contraire de Camile qui avait une belle voix. Quel est alors le rapport entre ces deux femmes? Je le questionne intérieurement pendant quelques minutes, cherchant le point commun. Théodore rompt le silence et ma réflexion en chantonnant:
« Camille est une guitare! »
Il se met à rire comme jamais je l'avais entendu. Quel con! Il m'entraîne dans le magasin de musique. Il joua un peu de guitare avant de se décider enfin à acheter quelques cordes et un chiffon pour nettoyer son instrument. Nous sortons de la boutique. Il porte toujours le sourire en coin qui continue de se moquer de ma jalousie inutile. Il rit intérieurement. Mais en quelques secondes, il éclate, il rit aux éclats. Je lui tape le bras, vexée, mais comme d'habitude, cela ne lui fait pas de mal, par rapport à moi, je me frotte le poignet pour arrêter la douleur.
« Dis-moi Théodore, commençais-je.
-Moi, fait-il avec un grand sourire aux lèvres pendant que nous marchons.
Chapitre 103: Y a des moments où j'aimerai le tuer...

# Posté le mardi 21 juillet 2009 16:37