Chapitre 104: Du nouveau?

Chapitre 104:  Du nouveau?
-Elle est comment ta guitare?
-Elle est belle, rousse...
-Non, enfin, je veux dire c'est une guitare électrique?
-Elle est sèche. Pourquoi?
-C'est bruyant quand je modifie un objet... Il écoute quoi comme musique M.Yps?
-Hum... De l'opéra... Pourquoi?
-Je me demande si c'est cher le tapage au Japon... »
Jours et nuits, les objets se modifiaient. Jours et nuits, mes branches de lunettes s'échauffaient. Jours et nuits, mes mains suaient. Jours et nuits, mon front se perlait. Jours et nuits, ma langue sortait. Jours et nuits, mes yeux se fermaient. Jours et nuits, je travaillais. Jours et nuits, Théodore me regardait. Jours et nuits, Elisie lisait. Jours et nuits, M.me Noipse réfléchissait. Jours et nuits, M.Yps chantait.
Le propriétaire de l'hôtel nous avait viré de chez lui. Nous avons donc dû payer, en plus, des chambres, quelques millions de Yen d'amende. Nous sommes partis dans un autre hôtel où l'accueil était présent et les moisissures et autres horreurs absents, heureusement.
Mais le temps filait. Toujours contre nous. Toujours et encore contre nous. Une minute passait quand je croyais une seconde. Une heure passait quand je croyais une minute. Une journée passait quand je croyais une heure. Et ce processus allait aussi à l'inverse. Le sablier se mettait en route et m'éloignait de Marie.
Voilà trois semaines que nous sommes au Japon et toujours aucun signe de vie de mon amie. Marie... Où es-tu? Es-tu en vie, supportant un mois et demi sans nous? Est-ce trop tard? J'espère que non.
Assisse sur le lit, j'écoute d'une oreille distraite le tic-tac incessant de l'horloge. Enfermée dans ma bulle, les larmes commencent à se perler lorsque je pense à Marie. Personne ne me soutient... Seule la solitude me ronge.
On frappe timidement à la porte. Je ne réponds pas et observe le sol. La personne frappe à nouveau. Elle la pousse timidement et dans un déplacement léger et rapide, elle se retrouve près du lit avec une grande discrétion. On entendait seulement les pieds frotter la moquette beige. Des pas feutrés s'avançaient. Je les reconnais immédiatement.
«Oui, M.me Noipse?
-Ça va? Murmure-t-elle.
-Comme quelqu'un à qui il lui manque quelque chose de très important pour pouvoir vivre... J'imagine que vous n'êtes pas venue seulement pour avoir de mes nouvelles?
-En effet. Nous avons des nouvelles pour nos recherches. Théodore vient de finir le portrait-robot de la femme qui a enlevé Marie. Cet après-midi, par groupe de deux, tu seras avec Elisie, nous la rechercherons et la suivrons pour savoir dans quel entrepôt elle va. Si on la trouve aujourd'hui, dans une semaine nous serons dans le vol du retour avec Marie à nos côtés. On t'attend dans ma chambre. »
Elle ressort aussi discrètement que quand elle est rentrée.
Je regarde une fois encore le dessin du musicien. Les yeux noirs profonds, les cheveux couleur de jais coupés au carré, une fine bouche. Une japonaise comme on en voit tous le jours. Seule une cicatrice sur le sourcil droit la distinguait des autres. Je range la feuille de papier dans une poche et avance dans la rue avec Elisie. Au bout de deux heures, Elisie me donne un coup de coude.
«Ce ne serait pas elle, là-bas?
-Si, fis-je après réflexion. Suivons-la! »

Dessin de Sabrelune

# Posté le mardi 21 juillet 2009 17:43

Chapitre 105: Entrepôt 713

Chapitre 105: Entrepôt 713
Aussitôt dit, aussitôt fait. Pendant que nous la suivons, Elisie remarque que la jeune femme se parlait à elle-même. Je sors alors mon portable, qui m'avait servi pour écouter Eliot et sa soeur. J'écoute dons ce qu'elle marmonne. Ne comprenant rien au japonais, je passe le combiné à Elisie. Son visage devient pâle. Elle raccroche et dit:
«J'ai deux bonnes et une mauvaise nouvelles.
-Oui?
-C'est la kidnappeuse. Et Marie est encore en vie.
-Mais?
-Mais pas pour longtemps: elle veut la tuer.
-Appelle les autres et demande-leur de venir tout de suite.
-Mais il faut préparer un plan et ...
-Nous n'avons pas le temps! Et t'as entendu comme moi, elle va la tuer! Elle va tuer Marie! »
Un profond silence finit ma parole criée. Je regardait Elisie effrayée par cette perspective. Mes yeux se remplissent de larmes. Ma meilleure amie est en danger de mort, je viens de crier sur une amie qui m'est chère, et j'ai, sur cette dernière, laissé le choix ultime à faire pour sauver Marie. Je venais de me retirer un poids et l'a abandonné sur les épaules de Elisie. Elle me regarde dans les yeux. Un ruisseau de larme sort de son lit et inonde ses joues. Elle ferme les yeux avec douleur. Après avoir avoir vidé ses poumons d'air, elle appelle les espions. Je murmure un merci et l'entraîne à la suite de la kidnappeuse.
Nous arrivons devant l'entrepôt 713. On se cache derrière le mur de l'entrepôt voisin. La jeune femme entre dans le 713. Elle nous laisse entre-apercevoir cinq hommes costauds jouant un jeu de carte. Ils étaient postés à l'entrée de l'entrepôt. La fumée s'échappait de la porte ouverte. Malgré celle-ci, je découvre une porte derrière les joueurs de cartes. Il y avait donc une autre pièce.
Au bout de cinq minutes, Théodore, Eliot, M.me Noipse et M.Yps nous rejoignent. M.me Noipse me gronde comme quoi cela est dangereux pour la vie du groupe ainsi que celle de Marie, comme quoi nous n'avons pas de plan précis, et toujours un manque d'informations. Mais, après avoir expliqué la situation, l'espionne se calme. Elle reprend son professionnalisme et ordonne à tous:
«Théodore et Eliot, vous allez acheter des cordes solides ou quelque chose qui puisse servir à attacher. Elisie et Robert vous irez avec les portables à Cécile qui pourraient vous être utile pour repérer le terrain et pour trouver des informations primordiales pour sauver la vie de Marie et les nôtres. »
Les personnes nommées partent donc chacune de leu côté avec leur binôme. Il ne restait plus que moi et M.me Noipse.
« Et moi? Murmurais-je.
-On va essayer de faire un plan, le plus précis possible. »
Une vingtaine de minutes s'étaient écoulées. J'avais énuméré tous les objets modifiés que j'avais sur moi ou dans mon sac. Nous avions fait un ébauche de plan, avec le peu d'informations dont on disposait. Nous n'avions pas eu de nouvelles de la part d'Eliot et Théodore. Seuls M.Yps et Elisie nous avaient appelé pour nous annoncer qu'il n'y avait pas d'issue de secours et qu'ils avaient aperçut une quinzaine d'hommes dans une salle immense, tout de suite après l'entrée. Que des informations d'une grande importance pour la suite. Notre plan, malgré ce rajout d'informations, restait vague. On essayait de le peaufiner. Soudain, un coup de feu retentit. Il venait de l'entrepôt 713.

# Posté le vendredi 24 juillet 2009 19:31

Modifié le dimanche 26 juillet 2009 15:35

Chapitre 106: Si tu triches, t'as plus de miches!

Chapitre 106: Si tu triches, t'as plus de miches!
« Marie! Criais-je en courant vers l'endroit d'où venait le bruit. Je courrais le plus vite possible pour rejoindre la porte. J'entends M.me Noipse appeler les autres avec précipitation. Ensuite, elle se met à me poursuivre, mais j'avais déjà passé la porte.
Il y avait toujours la même fumée de cigare qui prenait le nez. Mais l'odeur la plus forte est celle d'un pistolet. Les cinq hommes étaient encore assis autour de la table. Mais seuls quatre vivaient. Le cinquième était étendu sur la table, son jeu dans la main gauche et trois as dépassaient de sa manche droite. Le sang s'étalait sur la table. Il jaillissait de la tête de l'homme. A côté de celui-ci, un pistolet fumait encore. Les quatre autres hommes vivants me regardent étonnés, leur cigare était même sur le point de tomber. Moi, je suis pétrifiée d'horreur et de peur. Un des homme pouvait juste tendre le bras, attraper l'arme et tirer. Certainement moins d'une minute se serait écoulé. La dernière minute de ma vie. Par chance, personne ne bouge. M.me Noipse entre avec une grande discrétion. Elle arrive derrière moi, attrape les boutons de ma chemise, les arrache et les lance sur les hommes. Une fumée en jaillit et endormit le personnel. En même temps, M.me Noipse, me fait sortir de l'entrepôt, la main sur la bouche pour ne pas inhaler la fumée. Dehors, elle me donne une claque.
«Ça va pas la tête?! Se jeter dans la gueule du loup! »
Elle continue à me sermonner mais je ne l'entendais plus. J'essayais de retrouver mes esprits. Ma vie avait défilé devant mes yeux, il y a quelque minutes. Je n'entendais pas M.me Noipse crier, ni les autres arriver. Seule la voix douce et claire de Théodore interrompt ma rêverie.
« Soit moins dur avec elle. Elle s'est juste laissé emporter par ses sentiments. »
Il dit cela en m'enlaçant et en me caressant amoureusement les cheveux. Puis il se met à ma hauteur. Seuls trois centimètres séparaient nos bouches. Nos nez se touchaient presque. Je sentais son souffle chaud sur mes lèvres. C'était tellement doux, agréable et apaisant. Il murmure:
« Ne fais plus jamais ça. Je ne pourrais vivre si tu meures. »
Une larme coule sur ma joue. Théodore sourit timidement et me l'essuie. Je me sentais encore une fois coupable. Je mettais mes amis en danger. Pas n'importe quel danger, un danger de mort. Ce danger était bien réel! On avait affaire à quatre hommes, même plus étant donné qu'une quinzaine d'hommes se trouvaient dans la salle d'après. En plus, ils sont armés. Ce n'était donc pas un risque à prendre à la légère.
« Je suis désolé de couper cette déclaration, mais combien de temps durent tes boutons soporifiques? Demande M.Yps avec douceur.
-Quarante-sept minutes, répondis-je en reprenant mes esprits.
-Dix minutes sont déjà passées. Je pense qu'on peut aller chercher Marie, continue l'espion. »
Nous retournons dans l'entrepôt 713, en s'empêchant d'inhaler la fumée. Nous entrons dans la seconde salle. Une salle immense de longueur comme de hauteur. Elle était découpée en huit par des rangs de cageots mis les uns sur les autres. Une passerelle faisait le tour de la salle et environ sept ponts permettaient de passer de l'autre côté. Toute cette infrastructure était en fer.
Une sonnerie retentit.
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# Posté le dimanche 26 juillet 2009 17:43