-Elle est comment ta guitare?
-Elle est belle, rousse...
-Non, enfin, je veux dire c'est une guitare électrique?
-Elle est sèche. Pourquoi?
-C'est bruyant quand je modifie un objet... Il écoute quoi comme musique M.Yps?
-Hum... De l'opéra... Pourquoi?
-Je me demande si c'est cher le tapage au Japon... »
Jours et nuits, les objets se modifiaient. Jours et nuits, mes branches de lunettes s'échauffaient. Jours et nuits, mes mains suaient. Jours et nuits, mon front se perlait. Jours et nuits, ma langue sortait. Jours et nuits, mes yeux se fermaient. Jours et nuits, je travaillais. Jours et nuits, Théodore me regardait. Jours et nuits, Elisie lisait. Jours et nuits, M.me Noipse réfléchissait. Jours et nuits, M.Yps chantait.
Le propriétaire de l'hôtel nous avait viré de chez lui. Nous avons donc dû payer, en plus, des chambres, quelques millions de Yen d'amende. Nous sommes partis dans un autre hôtel où l'accueil était présent et les moisissures et autres horreurs absents, heureusement.
Mais le temps filait. Toujours contre nous. Toujours et encore contre nous. Une minute passait quand je croyais une seconde. Une heure passait quand je croyais une minute. Une journée passait quand je croyais une heure. Et ce processus allait aussi à l'inverse. Le sablier se mettait en route et m'éloignait de Marie.
Voilà trois semaines que nous sommes au Japon et toujours aucun signe de vie de mon amie. Marie... Où es-tu? Es-tu en vie, supportant un mois et demi sans nous? Est-ce trop tard? J'espère que non.
Assisse sur le lit, j'écoute d'une oreille distraite le tic-tac incessant de l'horloge. Enfermée dans ma bulle, les larmes commencent à se perler lorsque je pense à Marie. Personne ne me soutient... Seule la solitude me ronge.
On frappe timidement à la porte. Je ne réponds pas et observe le sol. La personne frappe à nouveau. Elle la pousse timidement et dans un déplacement léger et rapide, elle se retrouve près du lit avec une grande discrétion. On entendait seulement les pieds frotter la moquette beige. Des pas feutrés s'avançaient. Je les reconnais immédiatement.
«Oui, M.me Noipse?
-Ça va? Murmure-t-elle.
-Comme quelqu'un à qui il lui manque quelque chose de très important pour pouvoir vivre... J'imagine que vous n'êtes pas venue seulement pour avoir de mes nouvelles?
-En effet. Nous avons des nouvelles pour nos recherches. Théodore vient de finir le portrait-robot de la femme qui a enlevé Marie. Cet après-midi, par groupe de deux, tu seras avec Elisie, nous la rechercherons et la suivrons pour savoir dans quel entrepôt elle va. Si on la trouve aujourd'hui, dans une semaine nous serons dans le vol du retour avec Marie à nos côtés. On t'attend dans ma chambre. »
Elle ressort aussi discrètement que quand elle est rentrée.
Je regarde une fois encore le dessin du musicien. Les yeux noirs profonds, les cheveux couleur de jais coupés au carré, une fine bouche. Une japonaise comme on en voit tous le jours. Seule une cicatrice sur le sourcil droit la distinguait des autres. Je range la feuille de papier dans une poche et avance dans la rue avec Elisie. Au bout de deux heures, Elisie me donne un coup de coude.
«Ce ne serait pas elle, là-bas?
-Si, fis-je après réflexion. Suivons-la! »
-Elle est belle, rousse...
-Non, enfin, je veux dire c'est une guitare électrique?
-Elle est sèche. Pourquoi?
-C'est bruyant quand je modifie un objet... Il écoute quoi comme musique M.Yps?
-Hum... De l'opéra... Pourquoi?
-Je me demande si c'est cher le tapage au Japon... »
Jours et nuits, les objets se modifiaient. Jours et nuits, mes branches de lunettes s'échauffaient. Jours et nuits, mes mains suaient. Jours et nuits, mon front se perlait. Jours et nuits, ma langue sortait. Jours et nuits, mes yeux se fermaient. Jours et nuits, je travaillais. Jours et nuits, Théodore me regardait. Jours et nuits, Elisie lisait. Jours et nuits, M.me Noipse réfléchissait. Jours et nuits, M.Yps chantait.
Le propriétaire de l'hôtel nous avait viré de chez lui. Nous avons donc dû payer, en plus, des chambres, quelques millions de Yen d'amende. Nous sommes partis dans un autre hôtel où l'accueil était présent et les moisissures et autres horreurs absents, heureusement.
Mais le temps filait. Toujours contre nous. Toujours et encore contre nous. Une minute passait quand je croyais une seconde. Une heure passait quand je croyais une minute. Une journée passait quand je croyais une heure. Et ce processus allait aussi à l'inverse. Le sablier se mettait en route et m'éloignait de Marie.
Voilà trois semaines que nous sommes au Japon et toujours aucun signe de vie de mon amie. Marie... Où es-tu? Es-tu en vie, supportant un mois et demi sans nous? Est-ce trop tard? J'espère que non.
Assisse sur le lit, j'écoute d'une oreille distraite le tic-tac incessant de l'horloge. Enfermée dans ma bulle, les larmes commencent à se perler lorsque je pense à Marie. Personne ne me soutient... Seule la solitude me ronge.
On frappe timidement à la porte. Je ne réponds pas et observe le sol. La personne frappe à nouveau. Elle la pousse timidement et dans un déplacement léger et rapide, elle se retrouve près du lit avec une grande discrétion. On entendait seulement les pieds frotter la moquette beige. Des pas feutrés s'avançaient. Je les reconnais immédiatement.
«Oui, M.me Noipse?
-Ça va? Murmure-t-elle.
-Comme quelqu'un à qui il lui manque quelque chose de très important pour pouvoir vivre... J'imagine que vous n'êtes pas venue seulement pour avoir de mes nouvelles?
-En effet. Nous avons des nouvelles pour nos recherches. Théodore vient de finir le portrait-robot de la femme qui a enlevé Marie. Cet après-midi, par groupe de deux, tu seras avec Elisie, nous la rechercherons et la suivrons pour savoir dans quel entrepôt elle va. Si on la trouve aujourd'hui, dans une semaine nous serons dans le vol du retour avec Marie à nos côtés. On t'attend dans ma chambre. »
Elle ressort aussi discrètement que quand elle est rentrée.
Je regarde une fois encore le dessin du musicien. Les yeux noirs profonds, les cheveux couleur de jais coupés au carré, une fine bouche. Une japonaise comme on en voit tous le jours. Seule une cicatrice sur le sourcil droit la distinguait des autres. Je range la feuille de papier dans une poche et avance dans la rue avec Elisie. Au bout de deux heures, Elisie me donne un coup de coude.
«Ce ne serait pas elle, là-bas?
-Si, fis-je après réflexion. Suivons-la! »
Dessin de Sabrelune


